Spa des Sports : désespoir ou des espoirs ?

Chers amis,

On s’en souvient, beaucoup de questions, d’inquiétudes et de critiques avaient été formulées lors du projet de construction d’un Spa des Sports lancé en 2011 par l’ancien maire. L’emplacement de l’installation, la nature des sols, la rentabilité supposée de cet équipement, etc. Ces objections on s’en souvient aussi, avaient été balayées d’un revers de main par l’ancien Maire.

Quelques mois plus tard et dans un contexte économique où la généralisation des spas dans les hôtels de luxe se conjugue à une diminution de la fréquentation de la station, il semble que les « oiseaux de mauvais augure » si décriés à l’époque avaient de bonnes raisons de s’inquiéter.

En effet, lors du Conseil municipal du lundi 26 mai, les élus mégevans ont été informés que la société « Deep Nature », pourtant 3e opérateur français dans l’exploitation de Spas et associée au projet dès son origine, souhaitait résilier la convention de délégation de service public (DSP) pour des « motifs d’intérêt général ». Par « motifs d’intérêt général », il faut entendre comme cela a été rappelé lors de cette séance du Conseil municipal, « le caractère largement déficitaire du Spa des Sports depuis son ouverture ». Fermez le ban !

Depuis l’ouverture de cet équipement surdimensionné, sous-exploité et très critiqué, il n’était donc pas surprenant que le sujet revienne rapidement à la table du conseil et donne lieu à des échanges à fleurets plus ou moins mouchetés. D’autant que les chiffres ayant la désagréable habitude de ne pas mentir, la facture tant en perte de recettes qu’en coûts indirects s’élève à ce jour pour la commune à plus de 140.000 €. Ajoutons à cela un délégataire qui avait annoncé le recrutement de 11 personnes et qui n’en a embauché que 4, qui puise sans vergogne dans le personnel du Palais des Sports pour combler son manque de techniciens et qui avait annoncé un plan de communication à hauteur de 40.000 euros jamais réalisé ; vous aurez une idée de l’état de décomposition avancée du cadavre dans le placard.

Sylvianne GROSSET-JANIN a tenté tant bien que mal de défendre le projet dont elle était à l’origine en arguant un flagrant manque de communication de la part du délégataire. Je dois sur ce point précis lui donner raison et j’en veux pour preuve le site Internet de Deep Nature qui fait la promotion de ses installations en montagne (http://www.deepnature.fr/index.php/fr/montagne) mais qui ne cite même pas le Spa des Sports de Megève !

Patrick PHILIPPE, Frédéric GOUJAT et la majorité municipale ont pour leur part relevé non seulement une « coupable légèreté » dans la construction de ce dossier mais aussi ses probables incidences sur l’équilibre financier du Palais des Sports, ce magnifique vaisseau qui a été utilisé à des fins électoralistes et dont on n’a pas fini de mesurer les conséquences !

Pour ma part, j’ai formulé la question suivante : Serait-il envisageable, dès lors que la DSP est résiliée, qu’une nouvelle DSP soit contractée auprès de professionnels locaux ? Il m’a été répondu que non et qu’en l’état actuel des négociations, il était prématuré de se rapprocher des professionnels locaux. Marie-Christine ANSANAY et moi en avons pris acte. Pour ma part, je ne m’interdis pas de rechercher des solutions à court terme et d’autres, plus durables car, sans un minimum de vision, les gros problèmes ne trouvent que des petites solutions…

Cette gestion pour le moins hasardeuse d’un dossier et dont les conséquences donnent raison à ceux qui l’avait dénoncé en son temps, doit inciter à renouer le dialogue avec tous les Mégevans. S’ils avaient été écoutés dès l’origine du projet, sans doute celui-ci aurait-il différemment vu le jour…

L'autre délibération intéressante de ce Conseil municipal a concerné le bilan du casino. Pour mémoire la commune taxe de 2 manières différentes le délégataire à qui elle confie l’exploitation de cet équipement. Par le biais d'une taxe sur le produit des jeux et par la perception d’une autre taxe qui doit en théorie servir le développement artistique et qui était traditionnellement reversée à l'office de tourisme. Les dirigeants de l'époque s'étaient émus de l'opacité de cette 2e redevance et du fait qu'en échange, ils n'avaient aucune visibilité sur les événements organisés à Megève au travers de l'office du tourisme. Cette 2e redevance a donc été renégociée pour permettre au casino de financer ses propres événements culturels, concerts entre autres…

Quant à la taxe sur le produit des jeux, elle est passée au gré de la crise de 15% à 7%.

L'année dernière le Casino a renoué avec les bénéfices pour un peu plus de 220.000€. Par conséquent, la nouvelle municipalité a souhaité relever le taux de la taxe sur le produit des jeux. Or, les anciens délégataires ont cédé leur licence d’exploitation du casino en cours d'année 2013 au groupe Barrière. Il y a fort à parier que la « modestie » de la redevance à 7% (au regard de la moyenne nationale) a pesé dans la transaction. Peut-être même qu'il y a une clause de résiliation si d’aventure la taxe devait remonter. Sans doute Sylvianne GROSSET-JANIN a la réponse mais là à cet instant, elle a marqué une pause dans ses nombreuses interventions et aucun son n'est sorti de sa bouche.

Dernier point que je voulais porter à votre connaissance et qui concerne l’intervention de Jean-Claude OURS, lors de la permanence citoyenne : dans son programme Catherine JULLIEN-BRECHES, vous vous en souvenez, s'était engagée à faire réaliser un audit des finances communales. A la question de M. OURS de savoir dans quels délais cet audit serait réalisé, il lui a été répondu que pour économiser 40.000€, la nouvelle municipalité va s'appuyer sur un rapport existant mais qui ne porte que sur la gestion des exercices 200 à 2011 et qui ne donne que des préconisations sur 2011-2017. Cette « étude » ne tiendra donc aucun compte des sommes engagées depuis, notamment les emprunts contractés en 2012-2013 (Maison médicale, Palais des Sports et des Congrès, etc.). Pour la nouvelle équipe, le risque est donc grand de voir sa gestion confondue avec ses prédécesseurs…

Loin de moi l’idée de vouloir jouer les oiseaux de mauvais augure mais à vouloir économiser 40.000 euros, le risque est grand de « découvrir » encore plusieurs centaines de milliers d’euros de manque à gagner, de sommes engagées de manière hasardeuse, de déficits. Ils pèseront inévitablement sur les projets d’investissement de l’équipe municipale. Ils pèseront sur l’avenir de Megève.

 

Bien à vous,

Denis WORMS